Journée d’étude de la FeBISP

Pascal Aubert et les échecs de la démocratie participative en milieu populaire

aubertComme chaque année, la Fédération du Secteur de l’Insertion Socioprofessionnelle (FeBISP) a organisé sa journée d’étude. La question sur laquelle reposait cette journée était la suivante : « Quelles pratiques d’éducation permanente au service de quelles émancipations ? »

Cette journée fut enrichissante grâce aux différentes interventions et notamment, celle de Pascal Aubert, fonctionnaire territorial et militant associatif. Il nous a donné son point de vue sur l’échec de la démocratie participative dans les quartiers populaires français (très faible participation, représentativité, intérêt …). Ce dernier tente d’en expliquer les raisons et propose des pistes pour en améliorer les résultats.

Quelles sont causes de cette non-implication ?

Bien souvent, les explications que l’on donne tournent autour des handicaps et caractéristiques des milieux populaires : ignorance, individualisme, consumérisme … Dit autrement, ces gens ne seraient capables que de s’intéresser à leurs intérêts particuliers et seraient incapables de s’impliquer dans des problématiques plus complexes.

Pascal Aubert se demande si le problème ne viendrait pas de l’offre qui est faite plutôt que la demande de participation. Et si les habitants n’avaient pas d’excellentes raisons de ne pas participer ?

Une conception erronée des publics en milieu populaire

Un des problèmes provient sûrement du fait que les résidents des quartiers populaires sont considérés uniquement comme porteurs de handicaps, de difficultés, de faiblesses …

En les considérant de cette manière, les pouvoirs publics oublient toute une dimension de la vie en quartier populaire : la débrouille, le courage, la créativité…

Les politiques sociales se sont donc davantage centrées sur ces faiblesses, sans tenir compte des potentiels de cette population.

Cinq bonnes raisons de l’échec de la démocratie participative en milieu populaire

  1. Le choix des enjeux est toujours fait de manière descendante. Les institutions décident pour les habitants de quoi il est utile de débattre. En procédant de la sorte, on se prive de leur engagement et de leur mise en mouvement.
  2. Les décisions sont déjà prises et du coup les habitants n’ont aucun pouvoir de décision. On les prive d’une réelle capacité d’influencer et donc il en résulte immanquablement un manque d’implication.
  3. L’approche collective n’est pas encouragée, elle fait peur aux institutions. Ils lui attribuent vite le cachet du communautarisme.
  4. L’évitement systématique des conflits qui sont pourtant inévitables à toute vie en collectivité. Pourtant, la prise en compte de désaccords pourrait servir de moteur au débat.
  5. L’aménagement du lieu exploité pour le débat invite rarement à un réel échange entre les participants et les initiateurs de celui-ci. La configuration de type « auditoire » installe d’emblée une distance symbolique entre le public et les représentants politiques présents.

On pourrait résumer ces raisons en une seule phrase : « On demande à des gens qui rencontrent des difficultés socioéconomiques de venir échanger des soirs de la semaine assis, comme à l’école face à des élus et des techniciens sur des projets urbains pour lesquels les choix essentiels ont déjà été faits et dans le cadre desquels ils ne pourront rien faire concrètement et surtout pas en collectif. »

On l’a bien compris, Pascal Aubert croit fermement au renforcement du pouvoir d’agir des habitants et au partage du pouvoir d’élaboration des décisions publiques. Pour lui, il faut à la fois renforcer la colonne montante des initiatives citoyennes et ouvrir l’accès aux dispositifs institutionnels.

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